Vous trouverez ici les articles rédigés et publiés pour la plupart dans le cadre des Universités. Bonne lecture !

Illustration: Sebastian Pérez
La musique (rock et salsa) dans le roman » ¡QUÉ VIVA LA MÚSICA ! »
de Andrés Caicedo ( Colombie, 1951-1977) :
Expression libératrice ou dépendance destructrice?
L’héroïne du roman de Andrés Caicedo n’a pas de nom. On l’appelle tantôt « la Mona » (elle est blonde), tantôt « la Pelada » (elle est jeune). A 16 ans, cette jeune bourgeoise découvre avec délice la vie nocturne des quartiers aisés de Cali (Colombie), sa ville natale. L’adolescente brille de mille feux dans les soirées rock et cocaïne, ne vivant que la nuit, pour cette musique nord-américaine dont elle ne comprend pas les paroles des chansons.
Une nuit de désillusion, elle franchit cependant la frontière symbolique qui mène aux quartiers populaires de Cali. « La Mona » découvre alors la salsa ; une musique et un langage qui sont les siens et elle devient véritablement « salsomaniaque ».
Caicedo, « météore » dans la littérature colombienne (selon le terme de Mme Anouck Linck), brosse un portrait des jeunes de sa ville des années soixante-dix. A travers les errances et les découvertes musicales de son héroïne, qui s’exprime à la première personne, il dissèque les dérives d’une génération en mal-être qui choisit parfois l’alternative du suicide. Tout comme l’auteur le fera lui-même à ses 25 ans.
La salsa s’empare de la jeune fille avec une intensité telle que son propre discours est tissé de fragments de chansons. Le lecteur devient aussi auditeur. Tout en lisant, il reconnaît les chansons de salsa, devenues de véritables hymnes et qui appartiennent à une mémoire collective en Colombie (et ailleurs). La vitalité du chant, des percussions, des cuivres, s’introduit dans le texte. Mais cette musique, dont la caractéristique principale est celle d’être énergique et pleine de vie, peut-elle être une « planche de salut » pour « la Mona » ?
Auteur : Élise Person
Éditions : Université Jean Moulin Lyon 3
Actes du colloque international Littérature et musique au XXè siècle
ISNB : 978-2-916377-98-8 – 2010
Prix : 25 euros
Auteur : Élise Person
Éditions : Nexus n°9, Revista académica de Artes, Comunicación, Diseño y Arquitectura de la Universidad del Valle, Cali, Colombie
Date de publication : 2011


Les sicaires à Medellin (Colombie) et le roman de Fernando Vallejo La virgen de los sicarios : Comment dire Dieu dans « un monde qui échappe à Dieu »?
Peut-on trouver Dieu à Medellin, peut-on dire Dieu dans « un monde qui échappe à Dieu » comme le signifie Elise Person en empruntant l’expression à Michel Bibard? Son avertissement est assez significatif. En Colombie, tout n’est pas que milicos, FARC, Betancourt, sicaires, assassinats ou narcotrafiquants. Il n’en demeure pas moins vrai que le réalisme magique des romans de García Márquez semble avoir fait son temps devant la réalité de moins en moins magique et de plus en plus tragique qui caractérise le Medallo ou Metrallo actuel, « la ville aux cent cinquante églises ». Le roman de Fernando Vallejo, La virgen de los sicarios (2004) sert à Elise Person de point de départ à une longue quête du Dieu des sicaires, ces jeunes tueurs à gages, au travers des comunas, les bidonvilles de Medellin
Auteur : Élise Person
Editions : Amadis n°8, « Dire Dieu », Héritages et Constructions dans le Texte et l’Image (HCTI), Université de Bretagne Occidentale
Date de publication : 2008


Vocabulaire hispanique des chansons et des musiques populaires caraïbes
Ce livre est destiné aux amoureux de la langue espagnole et de la musique caraïbe. La base de l’étude est un corpus de 380 chansons écrites et produites entre 1923 et 1997 à Cuba, en République dominicaine, à Porto Rico et en Colombie. Cet ouvrage propose une « radiographie » du parler local véhiculé par la chanson et la musique à une époque déterminée. La chanson caraïbe laisse apparaître les « perles lexicales » d’un langage populaire héritier de son histoire linguistique et d’une inventivité intarissable.
Auteur : Élise Person
Illustrations : Bruno Ollier
ISBN : 978-2-296-03404-4 – juin 2007
Dimensions : 13.5/21.5
Prix : 24.5 euros


Un passage de l’Afrique aux Caraïbes : la migration des divinités africaines et leur présence dans la musique caraïbe hispanique
Les dieux voyagent aussi! Mais dans le cas envisagé ici, ce sont les négriers qui, malheureusement, ont joué le rôle de passeurs. Au travers de l’analyse des textes de chansons produites dans quatre zones de l’aire caraïbe (Cuba, Porto Rico, République Dominicaine et Colombie), Elise Person s’attache à voir comment les divinités d’origine africaine, en s’installant en Amérique dès 1501, ont profondément marqué la société espagnole coloniale. Le premier aspect signifié par le passage du continent africain au continent américain a été un phénomène de transculturation extraordinairement productif. Ainsi, à Cuba, cultures et religions se sont mélangées, les différentes ethnies africaines ayant parfois échangé leurs dieux, donnant leur préférence à tel dieu du panthéon voisin, transformant telle caractéristique de celui-ci, modifiant tel pouvoir de celui-là. Passage, translation mais déguisement aussi ont caractérisé ce « troc ». La santería, phénomène de résistance religieuse à la conversion forcée au catholicisme, a légué de nombreuses pratiques rituelles, chorégraphiques et rythmiques aux musiques caraïbes comme la salsa, minutieusement détaillée par Elise Person, qui en dégage la spécificité, une spécificité propre à une zone mais ressentie comme identitaire à tel point qu’elle devient signe de reconnaissance de tout un continent
Auteur : Élise Person
Editions : Amadis n°4 – UBO « Le Passage », Héritages et Constructions dans le Texte et l’Image (HCTI), Université de Bretagne Occidentale
Date de publication : 2000


Le langage de la salsa : étude culturelle et lexicologique des musiques populaires dans la Caraïbe hispanique
Cette thèse propose une approche culturelle et lexicale de la chanson populaire caraïbe dans quatre zones : Cuba, Porto Rico (et New York), la République dominicaine et la Colombie. La première partie est une introduction d’ordre historique, culturel et littéraire qui donne les informations essentielles quant à la naissance et l’évolution des principaux rythmes ruraux et urbains de la caraïbe. Ces musiques donnent naissance ensuite à la salsa urbaine à New York. La salsa se propage ensuite dans les pays de la caraïbe où elle fusionne avec les musiques locales. Une analyse thématique permet de replacer les chansons dans leur contexte, démarche essentielle pour la bonne compréhension du lexique ensuite étudié. La deuxième partie est principalement lexicale. Sur la base d’un chansonnier de 380 chansons (150 pour Cuba, 130 pour Porto Rico et New York, 50 pour la République dominicaine et 50 pour la Colombie). Elle aborde les différenciations lexicales de chaque zone étudiée, met en relief les caractéristiques extra hispaniques (indigénismes, africanismes etc.) de l’espagnol véhiculé dans les chansons et montre ainsi les spécificités lexicales de chaque pays. Elle analyse aussi les glissements de sens et la double interprétation dans la chanson populaire et étudie la presence du parler populaire et/ou musical dans la lexicographie actuelle. Le parler de la chanson conserve et diffuse l’héritage linguistique de l’espagnol caraïbe. Nous constatons aussi que l’intégration du lexique cubain dans la chanson des autres pays est indéniable alors que l’inverse ne se vérifie pas ou beaucoup moins. Cuba exerce une sorte de domination lexicale sur la chanson caraïbe. Une enqueêe de terrain en Colombie nous permet de dzmontrer que la chanson caraïbe insulaire diffuse un parler particulier qui s’intègre dans le parler caraïbe péninsulaire. Cela nous permet d’affirmer que la chanson et la musique populaires exercent une influence certaine sur le parler populaire à notre époque.
Auteur : Élise Person, sous la direction de Philippe Cahuzac
Date de publication : 2000
